Permaculture késaco?

La permaculture : une philosophie, un art, une science

La permaculture n’est pas une technique de jardinage à la mode …

Pour comprendre pourquoi la permaculture est souvent associée (voire réduite !) aux buttes de cultures et au paillage du sol, il suffit de se pencher sur son histoire et son cheminement.

Dans les années 1970, deux personnalités importantes développent une autre approche de l’agriculture : Masanobu Fukuoka, un agriculteur japonais qui produit du riz en paillant un sol non travaillé par le labour, et Bill Mollison, père fondateur de la permaculture.

Emilia Hazelip est leur contemporaine ; dans le sud de la France, elle développe des jardins aux inspirations nouvelles : des légumes mélangés sur des buttes de terres paillées, un sol jamais travaillé, aucun apport d’engrais, aucun intrant chimique …

Emilia diffuse le résultat de ses recherches à travers un enseignement et parle beaucoup de permaculture : c’est comme ça que petit à petit dans la conscience collective, le terme permaculture s’est vu associé à la paille et aux buttes de cultures !

Au-delà des buttes et de la paille : une philopsophie

En créant le concept de la « permanent agriculture », Bill Mollison est habité par deux grandes convictions : 1/ pour survivre, l’humanité doit réduire drastiquement sa consommation de pétrole … et donc arriver à produire de la nourriture en dépensant beaucoup moins d’énergie ; 2/ la Nature est généreuse, elle est notre maitre à penser : si nous l’observons et agissons en respectant ses lois, nous parviendrons à couvrir nos besoins et à vivre en harmonie.

Bill Mollison est un grand passionné de psychologie ; il étudie les relations psychisme humain – environnement et comprend comment l’un conditionne l’autre et inversement. Il vit au cœur de la brousse australienne auprès des aborigènes. Ce peuple racine l’inspire et il décide d’inscrire au coeur de la permaculture leurs trois grandes règles de vie : Prendre soin de la Terre, Prendre soin de l’Humain, Générer l’abondance et partager équitablement.

La conception d’écosystèmes comestibles : un art, une science

Les écosytèmes produisent une biomasse abondante et diversifiée, sans intervention humaine, sans intrant, sans pesticide, sans pétrole et sans pollution. Sous nos latitudes, la nature a pour projet de créer des forêts. Pourquoi donc s’obstiner à lutter contre elle et à créer de grandes étendues, prairies ou cultures, nues – à grand renfort de pétrole, engrais, biocides?  Créer des forêts comestibles est un des axes de recherche de la permaculture… parmi tant d’autres !

La Nature est à la fois simple et complexe, s’en inspirer pour créer nos jardins demande de développer nos intelligences intuitives et rationnelles. C’est tout l’art et la science … du design : la méthode de conception d’écosystèmes résilients, abondants, dynamiques, productifs, pratiques, beaux … Le design est la véritable clé de voute de la permaculture. Il permet de donner du sens aux choses et de mettre tout en relation constructive avec tout : comme dans la nature !

Une autre fin du monde est possible : la permaculture 2.0, la transition vers une société post-pétrole

De « permanent-agriculture », la permaculture est devenue la « permanent-culture ». David Holmgrem, grand disciple de Mollison, a rapidement compris que la transition vers une société où le pétrole sera une denrée rare et précieuse ne pourrait pas s’opérer en s’attaquant aux seuls domaines de l’agriculture et du jardinage.

C’est ainsi que la permaculture nous propose de revoir notre manière d’être, de penser et d’agir dans tous les domaines de la vie humaine, qui, elle aussi est dès lors appréhendée dans son ensemble, comme un (éco-)système. Education, santé, gourvernance, technologies … tout peut être re-pensé à la moulinette de la permaculture !